Engagement planétaire
pour une métamorphose de notre civilisation
et de nos sociétés complexes

Cette métamorphose de notre civilisation, pour éviter son effondrement, pourrait être amorcé par l’éveil d’une conscience planétaire, mobilisé avec un engagement planétaire à respecter les limites de la Planète et
guidé par un partage des responsabilités entre les personnes, les organisations et les États.
Cette responsabilité humaine doit intervenir à chaque étape de toute activité humaine.
Au final, il faut que l’être humain ne perde plus sa conscience et sa responsabilité.
Devenir responsable, c’est devenir humain.

Voici un ensemble de propositions d’action politique basées sur ma recherche pour mieux comprendre la complexité du monde afin d’éviter l’effondrement de notre civilisation et mon engagement politique au Québec
comme chef du parti Vert du Québec de 1989 à1993.

Actuellement, il n’y a plus assez de ressources naturelles sur la Planète, trop de pollution générée par les activités humaines et trop de conséquences écologiques planétaires néfastes liées à la combustion des énergies fossiles pour poursuivre la croissance économique, moteur du capitalisme, selon des économistes dans un rapport au secrétaire général des Nations-Unis1en décembre 2018. Un an plus tôt, en décembre 2017, plus de 15 000 scientifiques ont lancé un appel à l’humanité pour que nous changions le mode de vie occidental afin qu’elle respecte les limites de la Planète et que l’humanité réduise radicalement son impact sur le réchauffement planétaire. « En échouant à limiter adéquatement la croissance de la population, écrivent-ils, à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance (…), à restaurer les écosystèmes, à enrayer la pollution, à stopper la défaunation [perte de biodiversité] et à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes, l’humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables
pour préserver notre biosphère en danger. »

Le capitalisme a permis, pendant quelques siècles, à une partie de l’humanité d’améliorer sa qualité de vie et son espérance de vie mais au détriment de l’environnement et d’une trop grande partie de l’humanité. L’ère du capitalisme est caractérisée, entre autres, par la croissance économique, l’énergie fossile bon marché, la destruction de l’environnement, l’inconscience et l’ignorance collectives. Avec la mondialisation de l’économie capitaliste, les producteurs les plus irresponsables sont devenus trop souvent les plus compétitifs. Le capitalisme comme le communisme produisent, en plus de la pauvreté et de la pollution, de la solitude, de la misère et de l’anxiété. Le capitalisme et le communisme carburent avec l’individualisme, l’insécurité, la peur, la colère, la culpabilité et la guerre.

Les multiples chocs boursiers et financiers des trente dernières années révèlent l’instabilité croissante du capitalisme. Et nous nous approchons du décrochage finale avec la prochaine crise de la finance mondiale. Nous arrivons à la fin du capitalisme que nous connaissons depuis des siècles et qui a été le moteur du développement de nos sociétés occidentales. Le capitalisme qui nous a amené à dépasser les capacités de charge de la planète Terre et
à menacer la survie de l’espèce humaine.

Pour Naomi Klein2, journaliste engagée, « Le capitalisme est la cause du dérèglement climatique ». « Rien n’oblige les humains à vivre sous le règne du capitalisme; nous, les humains, sommes capables de nous organiser sous les formes de toutes sortes d’ordres sociaux différents, parmi lesquels des sociétés dont l’horizon temporel serait beaucoup plus éloigné, ou plus aptes à respecter les systèmes soucieux de préserver les conditions de survie de la nature. En fait, c’est ainsi que les humains vécurent, sauf pendant une infime partie de notre histoire, et de nos jours encore bien des cultures indigènes perpétuent des cosmologies géocentriques. Le capitalisme n’est qu’une anomalie minuscule dans l’histoire collective de notre espèce. » Capitalism killed our climate momentum, not “human nature”.

Alors, plutôt qu’attendre le décrochage final du capitalisme engendré par la prochaine crise financière mondiale, visualisons collectivement ce qui est possible et souhaitable pour l’avenir de l’humanité comme respecter les limites de la planète, et engageons-nous à le réaliser mondialement. Nous pouvons faire un virage complexe, avec une conscience et une volonté collectives, pour entrer tout en équilibre dans l’ère du post-capitalisme. Cela pourrait être une R-évolution citoyenne pour une évolution de la république !

Un post-capitalisme où nous pouvons sortir du réductionnisme économique et composer avec la complexité de la réalité. Sortir du capitalisme nous amène à penser au-delà de la séparation et de la fixation des rôles sociaux des individus en producteurs et en consommateurs. Où les décisions ne se réduisent plus à combien ça coûte.

Penser et agir pour une alternative économique au capitalisme supposent donc de battre en brèche cette équivalence entre économie et capitalisme qui plane aujourd’hui comme une fatalité. Comme le soutient Karl Polanyi, l’activité économique est celle par laquelle une société pourvoit à ses besoins essentiels en produisant et distribuant des richesses.

Pour notre survie personnelle et collective, nous avons à apprendre à mieux naviguer dans la complexité du monde. Nous avons collectivement à effectuer un virage complexe avec une r-évolution citoyenne
où les différentes dynamiques écologiques, sociales, économiques, informationnelles et politiques
qui animent nos sociétés sont considérées dans tous les processus décisionnels collectifs lors du virage.

Ce virage vers une ère post-capitaliste va se dérouler dans un contexte de bouleversements planétaires où une partie importante de la population mondiale a peur de perdre ce qu’ils ont, une autre partie de l’humanité a peur de perdre le statu quo qui leur est très bénéfique. Des insécurités économique, sociale, écologique, politique, informationnelle ou militaire traversent l’ensemble de la population des pays du monde. Ces insécurités collectives ont des répercussions sur les angoisses existentielles (soif, faim, misère, souffrance, mort ) d’une grande partie de la population. Face à tout cela, les personnes se sentent seules, isolées par l’indifférence. Il est possible de créer un espace spirituel en nous pour sentir le Tout en soi et trouver un équilibre en soi
face à la réalité complexe avec laquelle nous devons composer à chaque instant.

Nous sommes l’espèce qui a rendu malade l’écosystème planétaire et nous pouvons collectivement amorcer un processus d’autoguérison planétaire avec une conscience planétaire et une intelligence collective. La planète a connu de tels épisodes d’autoguérisons après chacune des cinq grandes institutions des espèces. Nous en sommes la preuve vivante. Cette fois-ci, le déclencheur de la sixième grande extinction des espèces peut devenir
le déclencheur de la sixième grande autoguérison planétaire si nous nous y prenons de la bonne façon.

Nous pouvons nous inspirer pour cela des processus d’autoguérison observés chez les personnes affectées par la cancer. Avec une conscience, une volonté et une détermination personnelles, les personnes atteintes de cancer changent leur mode de vie et d’alimentation tout en suivant des traitements de différentes natures (immunothérapie, chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie, etc.) et la grande majorité des personnes obtiennent des années de rémission et certaines,
des guérisons complètes. Il est possible d’appliquer une telle approche d’autoguérison planétaire.

« L’écoanxiété, c’est un concept qui est beaucoup utilisé en Europe et dans d’autres pays, et nous on commence à le voir tranquillement, a dit la docteure Jalila Jbilou, qui est professeure agrégée à l’École de psychologie de l’Université de Moncton. C’est comme une conceptualisation d’une préoccupation qui existait déjà dans le milieu.
On a vraiment un terme par rapport à ça. »

« L’anxiété c’est une préoccupation pour le futur, et ça c’est le grand point qui est avancé surtout par les gens qui se préoccupent de l’écologie : oui, tout de suite, les choses vont plus ou moins bien,
mais le problème on l’a devant nous, il arrive et il s’en vient », a-t-elle dit.

L’important, ajoute-t-elle, est de reconnaître qu’il y a dans la vie des choses sur lesquelles on peut agir seuls, des choses sur lesquelles on peut agir collectivement et des choses face auxquelles nous sommes impuissants, 
« et c’est l’acceptation de ces trois aspects qui fait qu’on arrive à avoir une vie équilibrée ».

La responsabilité collective des médias, des parents, des institutions est d’outiller les jeunes pour que ce mouvement de revendications et d’actions politiques et sociales ne devienne pas une zone d’angoisse et de stress. » « Si on se concentre sur ce qu’on ne peut pas changer et qu’on en fait son cheval de bataille, c’est difficile d’avancer », a-t-elle dit.
Il est aussi crucial de remettre l’écoanxiété dans le contexte de « la vie au complet, dans toutes les sphères de vie, et notamment les sphères qui vont bien », poursuit Mme Jbilou. « Il faut travailler sur les pensées sur ce qui ne va pas. Souvent on regarde les problèmes, mais on ne regarde pas les solutions, tout ce qui se passe de bien dans sa vie, a-t-elle expliqué. C’est un peu de déplacer la pensée par rapport à l’écologie seulement. »

« Le deuxième point, c’est l’éducation, a conclu, Mme Jbilou. “OK, tu penses que ça ne va pas, mais tu peux y contribuer pour améliorer”. On peut s’engager par rapport à l’écologie à tous les niveaux. C’est de transformer sa source d’anxiété en une source de force régénératrice : il devient maître de la pensée négative et il commence à agir dessus et il peut même éduquer d’autres personnes, donc ça transforme son inquiétude en valorisation d’action. »

 

Comment ?

Cet engagement planétaire pourrait s’articuler autour d’un partage des responsabilités écologiques, sociales, économiques, informationnelles et politiques entre les citoyens, les entreprises et les États et être adopté avec l’appui de plus de deux milliards de personnes lors d’un référendum mondial. Cet engagement planétaire, tout en donnant des balises aux personnes, aux entreprises et aux États, leur laisserait la liberté d’imaginer différents modèles de développement reflétant leurs différentes cultures nationales et les différents défis auxquels ils font face.

Avec une partie de plus en plus grande de l’humanité ayant une conscience planétaire des limites de la Terre, il devient possible d’élaborer et d’adopter un tel engagement planétaire pour éviter de rentrer dans le mur des limites de la planète Terre. Cet engagement planétaire pourrait guider le développement de l’humanité. Actuellement, l’Humanité est attirée par l’ « American way of life » qui nous précipite contre le mur des limites de la planète Terre.

Les efforts nécessaires pour décontaminer l’environnement, restaurer les écosystèmes planétaires et transformer la production industrielle pour qu’elle cesse de contaminer l’environnement vont créer des centaines de millions d’emplois à travers le monde pendant des dizaines d’années. Cela pourrait donner lieu à une cinquième révolution industrielle. Un autre type de mondialisation pourrait permettre à l’humanité de prendre une nouvelle direction pour participer à son sauvetage plutôt qu’à maintenir son asservissement avec une croissance économique, devenue impossible à poursuivre. Le développement local pourrait devenir la base d’un développement durable des richesses collectives et soutenir la mondialisation des efforts pour respecter les limites de la planète. Le développement local ne sera plus menacé par la mondialisation comme nous le connaissons aujourd’hui.

Cet engagement planétaire pourrait permettre d’amorcer un processus d’autoguérison planétaire comme il y en a eu suite aux cinq autres grandes extinctions des espèces depuis le début de la vie sur Terre. Ce processus d’autoguérison planétaire débutera avec l’éveil d’une conscience planétaire comme l’autoguérison personnelle débute le plus souvent avec une conscience personnelle de sa maladie. Cette autoguérison planétaire sera de nature écologique mais également humaine pour sortir des multiples chocs post-traumatiques qu’a subit l’humanité depuis des siècles avec les guerres, les génocides, les famines, les crises économiques et l’écocide actuel.

Cet engagement planétaire articulé par des citoyens du monde autour d’un partage des responsabilités entre les citoyens, les entreprises et les États, pourrait nous guider collectivement dans l’ensemble de nos décisions personnelles et collectives. Cet engagement planétaire pourrait devenir une sorte d’objectif mondial et remplacer l’American way of life qui est l’objectif actuel qui nous précipite, avec une croissance économique sans limite,
contre ce mur des limites de notre planète.

Avec cet engagement planétaire, nous créerons collectivement une mise à jour de contrat social qui formera un nouvel espace politico-juridique pour guider l’ensemble de nos décisions personnelles et collectives afin d’atteindre notre objectif de respecter les limites de la planète et de l’être humain.

 

Comment formuler un tel engagement collectif et planétaire ?


La formulation de notre engagement ne doit pas être une liste d’épicerie, à court terme, mais plutôt une engagement à long terme que la population vent prendre pour guider ses choix de société afin de mieux s’adapter aux défis planétaires. L’engagement de la population pour respecter les limites de la Planète peut s’élaborer en commençant par se donner comme base éthique des valeurs et des principes. Des valeurs comme la paix, l’harmonie, l’amour, la liberté, le bien commun, la famille et la communauté. Des principes comme la solidarité, la justice sociale, le développement durable,
le droit, la responsabilité, la précaution et la subsidiarité.

L’engagement de la population devrait être formulé en des termes pour guider clairement l’ensemble des partenaires de la société. Dans un État de droit, l’engagement d’une population pourrait se formuler, pour être efficace et opérationnel, autour d’un partage des responsabilités entre les personnes, les organisations et l’État et y inclure les droits et libertés de la personne reconnus par les chartes actuelles. Ainsi, aux droits de propriété pourrait être associé les responsabilités du propriétaire, aux droits du consommateur pourrait être associé les responsabilités du consommateur,
aux droits du producteur, les responsabilités du producteur.


Stratégie pour l’élaboration de notre engagement collectif pour obtenir un consensus par référendum.

L’idée d’un consensus par recoupement repose sur la possibilité d’ajustement des compréhension du monde pour un engagement collectif. Elle n’implique nullement que les visions du monde aient une intersection commune, il suffit qu’elles s’entendent sur la priorité à accorder aux questions politiques comme la nécessité d’une mobilisation générale
avec un engagement collectif à respecter les limites de la planète Terre et de l’être humain.

• Réunir les personnes conscientes de la nécessité de s’engager personnellement et mondialement
à respecter les limites de notre Planète et de l’être humain

• Choisir des situations problématiques pour lesquelles la population, dans ce contexte planétaire, est prête à s’engager : pauvreté, pollution, corruption, euthanasie, drogue, désintégration des régions, violence, formation, …

• Présenter des interventions communautaires réussies et le partage des responsabilités associées afin de dégager
une proposition de partage souhaitable des responsabilités entre les personnes, les organisations et l’État

La réalisation de cet engagement planétaire dans une ère du post-capitalisme pourrait permettre de réaliser des projets qui relient les gens, créent de nouveaux types d’emplois, permettent d’investir l’argent nécessaire dans la transition écologique, donnent accès à une meilleure nourriture que les gens peuvent se payer. Cette voie dans un post-capitalisme favoriserait les comportements responsables des consommateurs et des producteurs. Une telle démarche mondiale dans un post-capitalisme pourrait être présenté à l’ONU et alimenté localement par la conscience collective,
l’altruisme, le bonheur et la paix.

Pour arriver à réaliser cet engagement planétaire, nous aurons besoin d’un système économique mondial qui soit au service de l’humanité et soutienne cette mobilisation générale comme durant la seconde guerre mondiale. Un système économique où l’intérêt général prévaut sur les intérêts particuliers. Un système économique mondial compatible avec l’engagement collectif de respecter les limites de la planète et de l’être humain. Un système économique qui respecte dont le partage des responsabilités écologiques, sociales, économiques, informationnelles et politiques entre les personnes, les organisations et les États adopté par les citoyens. Un système économique qui considère l’ensemble des richesses de manière à en assurer un développement durable de ces richesses collectives. Où les projets, les produits et les services ne contribuent plus à l’appauvrissement écologique, social et économique de la société parce qu’ils respectent les limites et les seuils écologiques, sociales et économiques. D’une économie de marché où les prix
reflètent les coûts réels c’est-à-dire que les prix intègrent les coûts sociaux et écologiques.
Une économie de marché où les producteurs responsables sont les plus compétitifs.

Tout un ensemble d’initiatives citoyennes de transition au niveau local, comme la permaculture ou la monnaie complémentaire locale pourraient également nous permettre collectivement de mieux faire face aux changements climatiques, au pic pétrolier, à la pollution de l’eau, de l’air et des sols de même
qu’à la 6ième grande extinction des espèces.

Collectivement, nous pourrions réduire les insécurités dans cette période de bouleversements planétaires en :

• assurant une qualité de vie à tous permettant l’épanouissement de l’être humain et de la nature.
• apprenant à vivre, personnellement et collectivement, avec les limites de la Planète et de l’être humain.
• décontaminant l’eau, l’air et les sols
• restaurant les écosystèmes
• révolutionnant l’industrie avec une R&D mondiale pour atteindre « 0 » pollution d’ici 20 ans
• réduisant la pollution lié à la consommation pour atteindre « 0 » d’ici 20 ans
• réduisant notre empreinte écologique pour atteindre « 1 » d’ici 20 ans
• réduisant notre combustion d’énergies fossiles pour atteindre « 0 » d’ici 20 ans

La réalisation de cet engagement planétaire dans une ère post-capitalisme repose sur une démocratie cognitive, une souveraineté populaire et un développement durable des richesses collectives. Tout cela est possible seulement avec une conscience collective et planétaire.

 

Une démocratie cognitive

La réalisation de notre engagement collectif va nécessiter la prise de nombreuses décisions collectives dans ce nouvel espace politico-juridique lié à la mise jour de notre contrat social. La responsabilité, au coeur de cette mise à jour, repose sur la conscience collective dont nous devons favoriser l’émergence dans notre démocratie. À cette conscience devra se lier une intelligence collective où la démocratie cognitive viendra enrichir la démocratie représentative et participative. La démocratie cognitive permettra d’éviter que l’inconscience et l’ignorance ne soit au pouvoir de notre système démocratique comme cela est la cas présentement au États-Unis. Cette intégration de la démocratie cognitive à la démocratie représentative et à la démocratie participative constituera une forme de mise à jour de la démocratie
qui évolue depuis l’époque de la Grèce antique.

Ainsi l’éveil d’une conscience collective et l’émergence d’une intelligence collective seront au coeur d’un nouvel espace démocratique qui s’élargie et qui renforce la volonté de nos sociétés à faire face aux immenses défis planétaires.

 

Une souveraineté populaire

Cet engagement collectif à respecter les limites de la planète, alimenté par une conscience collective et l’intérêt général de l’humanité, ne peut se réaliser qu’avec une souveraineté populaire.

En droit constitutionnel, on retrouve deux types de souveraineté: populaire et nationale. La souveraineté populaire repose sur la population et sa volonté de participer aux décisions collectives, soit par élection ou référendum. Dans la souveraineté populaire, la population est souveraine sur les choix de société pour défendre l’intérêt général. La souveraineté nationale repose sur la nation et est exercée par ses représentants. L’Assemblée législative composée des représentants élus est souveraine. Malheureusement, depuis la révolution française, la bourgeoisie en France et au Québec s’est imposée comme représentant de la nation et l’intérêt général s’est trouvé réduit à ceux de la bourgeoisie nationale, à des intérêts particuliers. Une autre caractéristique de la souveraineté nationale, c’est que sur un territoire, une nation est déterminée comme souveraine alors que la population peut regrouper plusieurs nations.Il y a près de 200 pays et plus de 4 000 nations sur la Terre. Au Québec, la population est composée des Premières Nations, de la nation Québécoise, de la nation Canadienne et des communautés culturelles.

Pour palier aux lacunes de ces deux types de souveraineté, il est possible, comme en Suisse, de les combiner de manière constructive pour permettre l’émergence d’une souveraineté politique où la population, composée de plusieurs nations, peut décider ultimement par référendum pour ses choix de société tout en ayant des représentants de la population des différentes nations qui siègent aux assemblées législatives. Le processus démocratique de référendum permet de s’assurer que l’intérêt général de la population et de l’humanité prévaut sur les intérêts particuliers.

La souveraineté politique, émergeant de la combinaison de la souveraineté populaire et de la souveraineté nationale, confère à la population des droits, des responsabilités et des pouvoirs collectifs dans différents domaines qui sont délégué à l’État par la constitution.

 

Un développement durable des richesses collectives

Les changements climatiques et la sixième grande extinction des espèces entrainent déjà une diminution majeure des richesses naturelles planétaires. La pollution (eau, air, sols) et la dégradations des écosystèmes planétaires entraine une diminution du nombre des animaux et la disparition de plus en plus d’espèces. Cela a également un impact sur la santé des êtres humains qui souffrent de plus en plus de famine et de diverses maladies liées à la pollution comme les cancers.
Pour changer cette direction néfaste du développement des richesses planétaires, une volonté de l’espèce humaine est nécessaire avec un engagement planétaire à cesser de polluer les écosystèmes planétaires, à les restaurer et à vivre en tant qu’espèce avec une empreinte écologique de 1. Cela devra se faire tout en s’adaptant aux bouleversements
que nous avons engendrés.

Nous devons prendre planétairement et dans chacune de nos sociétés une nouvelle trajectoire pour notre développement où les contraintes écologiques, sociales et économiques sont considérés en même temps dans nos choix de société. C’est ce que j’ai appelé un développement durable des richesses collectives
alors que j’étais chef du parti Vert du Québec en 1989.

 

Une conscience collective et planétaire

Cette ère du post-capitalisme peut débuter par une prise de conscience collective de l’impossibilité de poursuivre une croissance économique planétaire. Des prises de conscience collective, il y a en déjà, au sujet de l’écart énorme entre les riches et les pauvres, des violences sexuelles commises à l’égard des femmes, de la pollution qui tuent de plus en plus de personnes, etc.. Pour continuer à mettre fin à cette ère de l’inconscience collective, du déni collectif face à l’urgence planétaire et se libérer de l’emprise des pulsions collectives de domination qui hantent l’humanité depuis la nuit des temps, nous pourrions favoriser l’émergence de la conscience tant individuelle que collective. C’est le meilleur moyen d’y arriver quand la conscience est combinée à une volonté. Cela pourrait également nous permettre de se libérer des comportements individuels et collectifs qui menacent la survie de notre civilisation et même de l’humanité.

Les sociétés qui auront su maintenir l’éveil d’une conscience collective et planétaire auront des capacités d’adaptation et de survie plus grandes face aux multiples bouleversements que l’humanité va vivre dans les prochaines décennies et siècles. Lors de la dernière grande extinction des espèces causée par la chute d’un météorite il y a 65 millions d’années, les dinosaures sont disparus et les mammifères, petits à l’époque, ont survécus dans leur abris sous-terre. Avec la sixième grande extinction des espèces actuelle et les changements climatiques grandissant, les sociétés conscientes de la nécessité de respecter les limites de la planète et des écosystèmes dans lesquels elles évoluent seront peut-être les seules à survivre à ces bouleversements planétaires. Les sociétés inconscientes dirigés par des dirigeants « dinosaures », c’est-à-dire des dirigeants guidés par leur cerveau reptilien, auront sombré dans le chaos.

L’éveil d’une conscience personnelle qui s’élargit avec une conscience collective et planétaire permet l’émergence d’un espace spirituel en soi. Cet espace spirituel est un espace où des dynamiques spirituelles comme la foi, la croyance, la méditation, la prière, la mystique, le symbole religieux sont présentes chez un individu ou une collectivité. Dans la vision du monde sous-jacente à ce document disponible sur mon site jeanouimet.info, la foi désigne le fait d’avoir confiance, d’être ouvert à quelqu’un ou quelque chose comme une foi en la vie. Cet espace spirituel permet de garder ou de retrouver un équilibre en soi et nous aide à traverser des situations difficiles sans s’effondrer. Nous en avons besoin pour les temps planétaires difficiles qui s’en viennent. De plus, cet espace spirituel favorise, avec une conscience collective et planétaire, une auto-guérison personnelle, collective et planétaire des blessures subites par les êtres humains et la nature depuis des siècles avec les conflits voire les guerres et la destruction de l’environnement.

Dans l’animation ci-dessus, la sphère rouge représente l’espace spirituel d’une personne ou d’un groupe de personnes qui émerge avec l’éveil de la conscience. Cet espace spirituel est un espace de dynamiques spirituelles par lesquelles nous pouvons être en résonance avec tout ce qui est. La résonance spirituelle pouvant varier entre l’inspiration, l’illumination, le nirvana, …

L’espace spirituel peut être vue comme une autre forme d’intériorisation du Tout en Soi. Ainsi, nous l’intériorisons physiquement avec les poussières d’étoiles qui composent notre corps. Nous intériorisons chimiquement notre environnement avec l’ADN, mémoire biochimique des interactions avec cet environnement, qui guident chacune de nos cellules. Puis, nous intériorisons biologiquement notre environnement avec les sensations que nous stockons dans la mémoire de notre cerveau. Et, nous intériorisons conceptuellement notre environnement avec les concepts et les connaissances que nous apprenons. Cette intériorisation spirituelle du Tout en soi est la continuation de ce long processus de complexification débuté avec le Big Bang. Nous pouvons dire, plus largement, que notre capacité à être en équilibre voire en harmonie en soi et autour de soi repose notre capacité à intérioriser le Tout en soi, tant individuellement que collectivement. i.e. tant pour une personne, une organisation qu’une société.

L’émergence d’un tel espace spirituel en chacun de nous à l’échelle mondiale permettra à l’humanité de faire face aux multiples situations que nous rencontrerons grâce à cette foi en la Vie et cette foi en l’Inconnu. Une foi en la Vie et en l’Inconnu qui devient une source inépuisable d’énergie créatrice.

Comme l’aurait dit André Malraux « Le XXIième siècle sera spirituel ou ne sera pas ».

 

Plan d’action planétaire

Dans le contexte actuel d’urgence planétaire où l’ensemble des peuples de la Terre doivent se mobiliser pour faire face aux changements climatiques et à la sixième grande extinction des espèces, et devant l’inaction des représentants des États à l’ONU qui défendent leurs intérêts nationaux particuliers, un engagement collectif à respecter les limites de la planète et de l’être humain pourrait être élaboré et adopté par la population consciente de cette urgence planétaire
dans le plus de pays possibles où une telle démarche démocratique est possible.

Cet engagement collectif dans un pays pourrait s’articuler autour d’un partage des responsabilités entre les personnes, les organisations et l’État, tout en incluant les libertés et les droits de la personne. Et ces engagements collectifs, émergeant dans différents pays, pourraient faire converger l’humanité vers un engagement planétaire
pour guider nos décisions mondiales.

Un engagement planétaire pour changer la trajectoire actuelle du développement de l’humanité, émergeant d’une conscience planétaire de l’intérêt général de l’humanité, peut nous permettre d’effectuer ce virage nécessaire et souhaité par une partie de plus en plus grande de l’humanité. Cet engagement planétaire, articulé autour d’un partage des responsabilités entre les personnes, les organisations et les États, pourrait s’ajouter, comme une mise à jour, à la déclaration universelle des droits et libertés de la personne adoptée par l’ONU en 1948. Cela mettrait cet engagement planétaire au coeur du fonctionnement de l’ONU et mènerait à une réforme des institutions onusiennes pour guider l’humanité dans cette grande transition écologique mondiale souhaitée par une majorité de l’humanité. Avec la participation de plus de 2 milliards de personnes à l’élaboration et à l’adoption d’un engagement planétaire lors d’un référendum citoyen mondial, il serait possible de donner toute la légitimité nécessaire
à une telle transformation des institutions de l’ONU.

Pour l’émergence d’une conscience et d’une volonté planétaires suffisantes à l’élaboration et l’adoption d’un engagement planétaire, tout un ensemble d’actions, comme l’illustre le tableau ci-dessus, pourraient être entreprise dans plusieurs pays de la planète par des citoyens du monde conscients de l’urgence planétaire.

La réalisation et la coordination de l’ensemble de ces actions pour un engagement planétaire pourrait être sous la supervision d’une fondation internationale qui réunirait des financiers philanthropes, des entrepreneurs, des intellectuels, des écologistes, des artistes et des chercheurs.

Un engagement planétaire qui pourrait redonner espoir en l’avenir de l’Humanité !

Voici la vision que je développe depuis des années et que je partage maintenant avec vous.

Et rappelons-nous que : L’impossible recule à chaque pas que l’on fait !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur ce site, vous trouverez
comment je vois le monde,
basé sur des connaissances scientifiques
et mes recherches personnelles.


Un entretien avec Marie-Ève Cotton, psychiatre, intitulée « Le cerveau humain et le changement climatique » réalisée par Stéphane Bureau dans le cadre de l'émission Médium large à Radio-Canada Première
et présenté le 18 décembre 2018.
La deuxième partie, le 26 décembre 2018.

Cet entretien permet de mieux comprendre
la pertinence des propositions
de plans d'action ci-dessous.

Plans d'actions
possibles et souhaitables

Local
Sociétal
Mondial


Ces plans d'actions s'inscrivent
dans l'esprit du

Manifeste du Club de Budapest



Allocution à Val-David pour la marche d'Urgence Climatique